Le voyage à Paimpol, de Dorothée Letessier

 

"J’étouffe, je vais prendre un bol d’air. A bientôt. Je t’embrasse, Maryvonne." Petit mot laissé à son mari. Besoin de respirer seule. Oh, juste quelques jours, ou peut-être même 24 heures. Mais elle part. Elle s’en va. Elle s’absente (qui s’éloigne momentanément du lieu où on doit être, où les autres pensent vous trouver), se dérobe ("se soustraire à un ordre (patriarcal), à une place (entre le buffet et l’évier), à une machine (la chaîne)", elle s’arrache, déserte, va faire un tour. Elle monte dans un autocar gare de Saint-Brieuc direction Paimpol. On est dans les années 70, et elle laisse derrière elle mari, fils et usine. Elle quitte ces gestes répétés à l’infini, "cela n’en finit pas, c’est chaque fois le même, poser la pièce, quatre vis, serrer un boulon". Tout est possible. "Pour une fois rien ne m’attend et je ne suis même pas tenue d’arriver." "A cette heure-ci, la marée est basse. Le car s’arrête sur le port. Je descends. Je n’ai rien à faire. C’est louche et délicieux... ".

Roman réédité mais écrit dans les années 80. Résolument engagé, moderne et avant-gardiste.

Delphine



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